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L'opposante nicaraguayenne Cristiana Chamorro placée en résidence surveillée

Mercredi, la police nicaraguayenne a placé la figure de l’opposition Cristiana Chamorro – une possible rivale du président Daniel Ortega lors des élections de novembre – en résidence surveillée, a déclaré sa famille, après que le gouvernement a affirmé qu’elle était coupable de blanchiment d’argent.

Chamorro, un journaliste de 67 ans, est considéré comme un challenger sérieux de Ortega, bien qu’il n’ait pas confirmé qu’il briguerait un quatrième mandat.Sa mère, Violeta Barrios de Chamorro, a battu Ortega pour la présidence en 1990 pour devenir la première femme élue chef d’État des Amériques. Auparavant, la police avait perquisitionné le domicile de Chamorro dans la capitale Managua. Après avoir été sur place pendant plus de cinq heures, ils l’ont placée « en résidence surveillée, en isolement », a déclaré son frère Carlos Fernando Chamorro sur Twitter. “La police est toujours chez elle”, a-t-il ajouté.

Après plus de cinq heures de police perquisition au domicile de ma soeur Cristiana Chamorro @ chamorrocris , candidate à la présidentielle, à 17h15 la police anti-émeute la laisse en “assignation à résidence”, sous isolation. Sa maison est toujours occupée par la Police.

– Carlos F Chamorro (@cefeche) 2 juin 2021

Un tribunal de Managua a déclaré plus tôt qu’il avait ordonné sa détention pour des accusations de « gestion abusive, de mensonge idéologique » et de « blanchiment d’argent, de biens et d’actifs, au détriment de l’État et de la société nicaraguayenne.Des articles de presse ont indiqué que la police avait tenu à l’écart de force les amis et la famille de Chamorro, ainsi que les journalistes. Mardi, les procureurs ont accusé Chamorro d’une série de crimes et ont demandé qu’elle soit exclue de ses fonctions publiques étant donné qu’elle fait l’objet de poursuites pénales. Des juristes ont dénoncé une procédure « illégale », étant donné que le conseil électoral ne s’est pas prononcé sur son éligibilité.‘Farce’Les accusations découlent du rôle de Chamorro à la tête d’une fondation pour la liberté de la presse , les procureurs affirmant des « incohérences comptables .”Chamorro a quitté la fondation en février, refusant de se conformer à une nouvelle loi obligeant toute personne recevant de l’argent de l’étranger à se déclarer au gouvernement en tant qu’« agent étranger ».Le parquet a ouvert une enquête à son encontre le 20 mai à la demande du gouvernement.Elle a rejeté les accusations portées contre elle comme une « farce » destinée à l’empêcher de se présenter au scrutin de novembre, qu’Ortega devrait largement contester. Chamorro, qui n’appartient à aucun parti politique, a annoncé mardi qu’elle solliciterait l’investiture de l’opposition.Peu de temps avant que la police n’entre dans la maison de Chamorro mercredi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a dénoncé les mesures prises par le gouvernement Ortega contre Chamorro et a déclaré que le pays d’Amérique centrale méritait une « vraie démocratie ». « L’interdiction arbitraire du chef de l’opposition @chamorrocris reflète la peur d’Ortega d’élections libres et équitables. Les Nicaraguayens méritent une vraie démocratie », a tweeté Blinken, lors d’une visite en Amérique latine.

L’interdiction arbitraire du chef de l’opposition

@chamorrocris reflète la volonté d’Ortega peur d’élections libres et équitables. Les Nicaraguayens méritent une vraie démocratie.— Secrétaire Antony Blinken (@SecBlinken) 2 juin 2021

L’Organisation des États américains, pour sa part, a prévenu Le Nicaragua allait « aller au pire élections possibles. »Elle a ajouté dans un communiqué : « Ce processus de violations systématiques et répétées de l’État de droit et des libertés fondamentales délégitime le processus électoral avant même qu’il n’ait lieu. » Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme a dénoncé une « violation des droits de l’homme ».‘Chasse aux sorcières’Les partis d’opposition dans une déclaration commune ont accusé Ortega de “déclencher une chasse aux sorcières” contre les candidats parce qu’il “craint de se rendre à des élections libres, transparentes et observées”. Le mois dernier, la législature du Nicaragua a nommé une majorité de magistrats alignés sur le parti au pouvoir à l’organe électoral qui supervisera les élections de novembre.Il a depuis disqualifié deux parties. En décembre, la législature a approuvé une loi qui, selon les critiques, vise à empêcher les politiciens de l’opposition de se présenter aux élections. Parrainé par Ortega, il interdit « ceux qui demandent, célèbrent et applaudissent l’imposition de sanctions contre l’État nicaraguayen. » Ortega, un ex-guérilla qui a gouverné de 1979 à 1990, est revenu au pouvoir en 2007 et a remporté deux réélections successives.Depuis 2018, le leader de 75 ans est confronté à une crise politique déclenchée par des manifestations massives contre la politique de son gouvernement.Les manifestations ont fait 328 morts et des milliers d’exilés, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).Ortega a blâmé une tentative de coup d’État ratée soutenue par Washington. (AFP)

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